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mardi 9 octobre 2012

Des choses qui comptent :


John Kerstholt - Rolling thunder cloud photographed in Enschede, The Netherlands- 2008


Luciano Berio, Sinfonia, Side A [11:35] [FLAC]

Luciano Berio, Sinfonia, Side B [15:24] [FLAC] 


Je ne suis pas sage du tout. Je te l’ai dit, je ne sais rien. Je connais les livres, et je peux assembler des mots - ça ne veut pas dire que je sais parler des choses qui comptent le plus pour moi.
- Mais tu le fais maintenant - d’une certaine façon.
- Oui, d’une certaine façon… c’est toujours comme ça que je dis les choses : d’une certaine façon.

André Aciman, Plus tard ou jamais, Call me by your name,
traduction de l’américain : Jean-Pierre Aoustin

pour les gournands ... +

mercredi 20 juin 2012

Un frisson de terreur :

Altocumulus, Altocumulus flocus, Altocumulus undulatus, Altostratus, Cirrocumulus, Cirrus, Cirrus fibratus, Cirrus intortus, Cirrus spissatus, Cumulonimbus, Cumulonimbus calvus, Cumulonimbus capilatus, cumulus congestus, Cumulus humilis, Cumulus mediocris, Cumulus médiocris, HDR, stratocumulus, Stratus, ...

ici et là.



Undulus Asperatus

Undulus Asperatus

Mais sur la terre vierge ou dans le ciel sonore
Rien n’avait palpité, rien ne vivait encore.
Des vallons inconnus aux fertiles sommets
Nul souffle intelligent n’avait couru jamais.
La sève originelle, âpre et comme inféconde,
Fermentait vainement dans le désert du monde,
Quand, le frappant du pied, gonflant son large col,
Le Taureau primitif conquit le nouveau sol.
Unique, seul vivant et créé sans matière,
Le mystique Taureau foula la terre entière,
But l’eau des lacs d’azur à l’abri des forêts,
Dans l’herbe gigantesque entra jusqu’aux jarrets,
Tandis que, sans tarir, le flot de sa semence
S’épanchait au hasard sur la nature immense.
Enfin, toujours fécond, pensif, jamais lassé,
Dans ma volonté ferme, ô Juste ! je plaçai,
Comme au plus haut sommet de mon œuvre complète,
L’Homme, ancêtre des Purs, sur la terre parfaite.

Or les Dieux bienfaisants et les Saints Immortels
Régnaient et dirigeaient les mondes corporels
Dans le repos promis aux races fortunées,
Quand Anro-Mainyous, après trois mille années,
Rompant la trêve auguste, écuma dans la nuit,
Et sifflant de fureur sur le chaos détruit,
De sa puissance vaine accumulant les restes,
Opposa ses Dévas aux Yazatas célestes.
Un frisson de terreur secoua l’univers,
Lorsque, sanglant et noir, s’ouvrit l’œil du Pervers ;
Et comme aux jours maudits de la lutte première,
L’ombre du Meurtrier obscurcit ma lumière.
O Régions du monde ! ô bienheureux séjours !
Terres qu’illuminait le ciel des anciens jours,
Aurores qui versiez du haut des coteaux roses
Vos limpides clartés sur le matin des choses,
Vergers, sources, torrents qui descendiez des monts !
Ce fut l’heure implacable où le vol des Démons,
Fils d’Anro-Mainyous, tourbillonna sans trêve.
Comme un nuage épais que l’ouragan soulève,
Les Drujes, les Dévas, les sombres Légions
Sur le champ dévasté des Seize Régions
S’abattirent ; le mal croissait comme un ulcère.
Azi, les Pairikas, l’éternel Adversaire,
Tous accouraient, tandis qu’en décombres poudreux
La Vie agonisante expirait derrière eux.

André de Guerne, Les Siècles morts, L'orient antique, Les Créations d’Ahoûra-Mazdâ,  ici.


Undulus Asperatus

Undulus Asperatus
Undulus Asperatus

jeudi 12 avril 2012

Nuages et Vagues :

NUAGES ET VAGUES

Maman, ceux qui vivent là-haut, dans les nuages, m’appellent :
« Nous jouons depuis notre réveil, jusqu’à la fin du jour », disent-ils.
« Nous jouons avec l’aube dorée, nous jouons avec la lune d’argent. »
Je demande : « Mais comment puis-je vous atteindre ? »
Ils répondent : « Viens jusqu’au bord de la terre, puis lève tes mains vers le ciel et tu seras enlevé dans les nuages. »
Mais je leur dis : « Ma mère m’attend à la maison ; comment puis-je la laisser et venir ? »
Alors, ils sourient, flottent et passent.
Mais je connais un jeu plus joli que celui-là !
Je serai le nuage et toi tu seras la lune.
Je couvrirai ton visage de mes deux mains et le toit de notre maison sera le ciel bleu.
Ceux qui vivent dans les flots m’appellent :
« Nous chantons du matin au soir ; nous avançons toujours, toujours, sans savoir par où nous passons. »
Je demande : « Mais comment vous rejoindrai-je ? »
« Viens », disent-ils, « viens jusqu’au bord de la plage, tiens-toi debout, clos tes yeux et tu seras emporté sur les vagues. »
Je réponds : « Mais ma mère ne saurait se passer de moi, chaque soir ; comment pourrais-je m’en aller et la laisser ? »
Alors, ils sourient, dansent et s’éloignent.
« Mais je connais un jeu plus amusant que celui-là !
« Je serai les vagues et toi tu seras une plage lointaine.
Je roulerai, roulerai, et comme une vague qui se brise, mon rire fusera contre tes genoux !
Et personne au monde ne saura où nous sommes toi et moi. »

Rabîndranâth Tagore La Jeune Lune Traduction par Henriette Mirabaud-Thorens  NRF, 1923



Instabilité de Kelvin-Helmholtz en Floride.



La nuit étoilée - Vincent Van Gogh.