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jeudi 14 novembre 2013

Le problème essentiel :


Katarzyna Widmanska                                                                                                            : + :

"Je l'ai vue changer, a écrit Angela dans son journal. Celle pour qui j'éprouvais un profond respect n'est plus qu'une écorchée vive, ou presque. Si c'est çà l'amour, très peu pour moi ! Il veut faire d'elle et de nous des esclaves et elle fait de l'équilibre, sur la corde raide pour éviter de le fâcher. Elle n'a de goût pour rien et, si elle avait le choix, ce qu'elle préfèrerait, ce serait de s'allonger dans le noir, un bandeau sur les yeux, sans voir personne et sans rien faire. Et c'est une femme intelligente, qui croyait à la liberté !"
(...)

Katarzyna Widmanska - My body is not a cage

"Je sais que la nostalgie est un sentiment futile. J'ai parfois envie de déchirer certaines pages que j'ai écrites, où j'ai peut-être porté des jugements trop durs sur des gens ou des situations, mais j'ai décidé de tout laisser, parce que je veux garder le compte rendu de ce que j'ai réellement éprouvé sur le moment. Je veux avoir un compte rendu fidèle de toute ma vie. Comment s'empêcher de mentir, c'est ce que je considère comme étant partout le problème essentiel."
Alice Munro, Les lunes de Jupiter, Les Chaddeley et les Fleming, 1977, traduite de l'anglais (Canada) par Colette Tonge


Katarzyna Widmanska - Embrace the darkness brothel                              : + :

samedi 2 novembre 2013

La vie est transformée :


Gilles Sabrié - L'école : la sieste                                                                                                                            : + :

Dans le lit, à coté de ma petite sœur, j'écoute le chant qui vient de la cour. La vie est transformée par ces voix, ces présences, par leur entrain, la haute estime qu'elles ont pour elles-mêmes et pour les autres. Pour mes parents, pour nous tous, ce sont les vacances. Le mélange des voix et des paroles est si compliqué et si varié qu'on a l'impression que cette confusion, cette joyeuse rivalité vont continuer éternellement : alors, à ma surprise - car je suis surprise, bien que sachant comment se compose un canon -, le chant s'amenuise, l'on entend les deux voix qui s'évertuent.
Sois heureux, le monde est beau,
La vie n'est qu'un rêve.
Puis une seule voix, celle qui continue bravement, jusqu'à la fin. Une voix dans laquelle perce une note inattendue de supplication, d'avertissement, tandis qu'elle suspend dans l'air, l'une après l'autre, les dernières paroles : La vie - attends - n'est - doucement, attends - qu'un rêve.
Alice Munro, Les lunes de Jupiter, Les Chaddeley et les Fleming, 1977, traduite de l'anglais (Canada) par Colette Tonge

Galiéo - Barcelone sieste                                                                                                                                              : + :