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mardi 28 août 2012

Les tonalités interdites :

Dieu ne nous envoie pas le désespoir pour nous tuer mais pour nous éveiller à une vie nouvelle
„Die Verzweiflung schickt uns Gott nicht, um uns zu töten, er schickt sie uns, um neues Leben in uns zu erwecken.“




Dans la Chine légendaire des “anciens rois", ne l’oublions pas, on reconnaissait à la musique un rôle déterminant dans la vie de l’Etat et de la cour. On identifiait presque la grandeur de la musique avec celle de la culture et de la morale, voire de l’Empire, et les maîtres de musique devaient veiller strictement à ce qu’elle conserve les “anciennes tonalités” et à ce que l’on respectât leur pureté. La musique connaissait-elle un déclin ? C'était un indice certain que le gouvernement et l'Etat étaient sur une mauvaise pente. Et les poètes racontaient des contes terrifiants sur les tonalités interdites, diaboliques et dérobées au ciel, par exemple sur la tonalité Tsing-Chang et Tsing-Tsé, la “musique de la décadence” ; à peine avait-on entonné ces accents au château royal, que le ciel devenait noir, que les murailles tremblaient et s’effondraient, que le trône et l’Empire croulaient.
Hermann Hesse, Le jeu des perles de verre, publié en 1943.

mardi 15 mai 2012

La sonorité argentée :

à mon ami J.D. à qui il est arrivé l'aventure extraordinaire de jouer successivement les deux paires de mains de cette pièce une centaine de fois pour un examen de preneurs de son ... si l’œuvre résiste à çà c'est qu'elle est bonne, J ? ;-)


partition : ici. mais la vidéo s'arrête après l'allegro vivace :-/ une version vidéo complète de la fantaisie par C. Ivaldi & J.C.Pennetier est là.
Paul Badura-Skoda : ici.

"Auparavant, je regardais ces instruments, primitifs en apparence, avec une certaine arrogance et partageais ce préjugé si largement répandu selon lequel des exécutions sur de tels instruments ne présentaient d'autre intérêt qu'historique. Il m'apparut alors qu'il s'agissait de la sonorité authentique et que les œuvres touchaient l'auditeur de notre temps avec une plus grande immédiateté que lors d'une interprétation de qualité égale jouée sur un piano de concert. La clarté de la sonorité argentée, les nuances de registres, la subtilité des gradations dynamiques et surtout la noble couleur chantante du médium restent en effet inégalés."

 Paul Badura-Skoda





« La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d'orchestre : l'œuvre monumentale, l'œuvre culminante, ou, mieux encore, l'œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l'approchons-nous qu'avec respect »
Paul Badura-Skoda et Jörg Demus, Les sonates pour piano de Ludwigvan Beethoven, J.C.Lattès 1981, p.189
toute la sonate : ici. 
la partition, là.