jeudi 29 août 2013

On vit pour soi :


  

  Autre Explication

            Amour qui ruisselais de flammes et de lait,
            Qu’est devenu ce temps, et comme est-ce qu’elle est,
            La constance sacrée au chrême des promesses ?
            Elle ressemble une putain dont les prouesses
            Empliraient cent bidets de futurs fœtus froids ;
            Et le temps a crû mais pire, tels les effrois
            D’un polype grossi d’heure en heure et qui pète.
            Lâches, nous ! de nous être ainsi lâchés !
                                                                         « Arrête !
            Dit quelqu’un de dedans le sein. C’est bien la loi.
            On peut mourir pour telle ou tel, on vit pour soi,
            Même quand on voudrait vivre pour tel ou telle !
            Et puis l’heure sévère, ombre de la mortelle,
            S’en vient déjà couvrir les trois quarts du cadran.
            Il faut, dès ce jourd’hui, renier le tyran
            Plaisir, et se complaire aux prudents hyménées,
            Quittant le souvenir des heures entraînées
            Et des gens. Et voilà la norme et le flambeau.
            Ce sera bien. »
                                    L’Amour :
                                                      « Ce ne serait pas beau. »
Paul Verlaine, Parallèlement, 1885