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vendredi 17 août 2012

Mourir tous ensemble :

William Hogarth (1697-1764) The worlds end - ici.

Vous le voyez, mesdames, messieurs, de cet examen méthodique des trois points en présence, il résulte que, sans aucun doute, le danger existe et même est imminent, mais non pas aussi désolant, aussi considérable, aussi absolu qu’on le proclame. Je dirai même plus. Cette curieuse occurrence astronomique, qui fait battre tant de cœurs et travailler tant de têtes, change à peine aux yeux du philosophe la face habituelle des choses. Chacun de nous est assuré de mourir un jour, et cette certitude ne nous empêche guère de vivre tranquillement. Comment se fait-il que la menace d’une mort un peu plus prompte trouble tous les esprits ? Est-ce le désagrément de mourir tous ensemble ? Ce devrait être plutôt une consolation pour l’égoïsme humain. Non. C’est de voir notre vie raccourcie de quelques jours pour les uns, de quelques années pour les autres, par un cataclysme stupéfiant. La vie est courte, et chacun tient à ne pas la voir diminuée d’un iota, il semble même, d’après tout ce qu’on entend, que chacun préférerait voir le monde entier crouler et rester seul vivant, plutôt que de mourir seul et de savoir le reste survivant. C’est de l’égoïsme pur. Mais, messieurs, je persiste à croire qu’il n’y aura là qu’une catastrophe partielle, qui sera du plus haut intérêt scientifique et qui laissera après elle des historiens pour la raconter. Il y aura choc, rencontre, accident local, mais rien de plus sans doute. Ce sera l’histoire d’un tremblement de terre, d’une éruption volcanique ou d’un cyclone.
Camille Flammarion, La fin du monde, 1894, ici ou là.


La punission de Gulliver

Mary Tofts donne naissance aux lapins.


jeudi 17 mai 2012

La liberté illimitée :



Feu - G. Arcimboldo - 1566

Herd of Buffalo Fleeing from a Prairie Fire - M Staus - 1888

Prairie fire - Frederic Remington - circa 1885

L'harmonie préétablie ne peut donc être troublée que par une personne responsable jouissant de l'exercice illimité de sa liberté. Seulement cette liberté illimitée de l'homme sera un jour cause de sa perte car pour qu il pût jouir en toute sécurité des forces de la nature il faudrait supposer qu il les connût complétement et d ailleurs quand bien même il les connaîtrait complètement il ne connaîtrait pas tous les rapports qui existent entre elles et qui sont les sources de toutes harmonies et de toutes fatalités. Qu'il vienne donc un jour à se méprendre sur les rapports énergiques de la nature et tout est perdu. La liberté illimitée que Dieu nous a donnée nous sert tout à la fois et de flambeau pour nous éclairer et de torche pour allumer notre bûcher.
(...)
Et qui vous dit qu'un jour le désastre la catastrophe que vous amènerez fatalement par votre orgueilleuse civilisation ne seront pas tels qu'il ne pourra plus y avoir de remède Voyez cet océan immense des mers entourer notre globe avec ses feux phosphorescents avec ses couches huileuses et grasses avec ses éléments si combustibles si inflammables que les volcans s'y allument sans cesse et qu'ils ne s'éteignent faute d'aliments que quand la mer les a abandonnés. Voyez d'autre part ce produit chimique le potassium brûler dans l'eau véritable feu grégeois qui va ouvrir la route a cent autres découvertes plus incendiaires encore. Et comprenez enfin comment un jour ou l'autre l'incendie peut s'allumer dans le monde.
La fin du monde par la science, Eugène Huzar, 1855, ici. ...Et là.

San fransico fire - W. Coulter - 1906



The Fire Wheel - J. A. McNeil Whistler - 1893